Nulla dies sine linea ...
David dans la longueur clé de "Terre promise" L3, 8b ?. Après avoir déjoué les pièges d'une dalle torride, la traversée très obligatoire (7c obl. !!!???) sous le "Great Roof" (prononcez Gréatte Roffe ), faut encore se farcir ce bombé gris à bi-doigts très éloignés les uns des autres... MAJEUR !!! (photo P. BOISSIER)
Un coup de maître que cette "Terre promise". David y croyait. Il l'avait senti(e). Moi, pendant ce temps là, dubitatif, pessimiste, blasé, au moral moribond et casse-couille de nature (on dit exigeant n'est-ce pas) en matière de qualité de caillou et de ligne, je n'y croyais pas. Sûr que la première longueur serait très belle. Des chances que la troisème le soit aussi. Mais quasi convaincu que la deuxième viendrait briser l'espoir d'une ligne à la logique implacable et à l'esthétique évident. Quelques mètres qui semblaient de loin bien bien (trop) lisses et une traversée sous un toit que j'imaginais déjà sans solution "humaine".
Non seulement David est motivé, mais acoquiné à l'autre générateur de projets qu'est Pierrot, rien n'arrête alors la tempête ! Les doutes comme les questions techniques sont vite soufflés. Une tentative pleine de promesse et une deuxième session d'une efficacité redoutable viendront à bout des gros morceaux de cet itinéraire. Ca passe et c'est splendide !
Restait à terminer gentiment ce qui avait été prudemment initié de mon côté et s'attacher à livrer cet itinéraire sous son meilleur jour. Finir d'équiper le dernier ressaut du belvédère puis purger les très rares éléments à faire disparaître du tableau, brosser ici quelques lichens et mousses, là un peu de terre accumulée dans quelques trous de ce rocher si joliment sculpté. Parachever l'oeuvre; sublimer la matière. Bref, peaufinages et retouches cosmétiques.
Terre promise
ABO 160m 8b (7c obl.)
Sur une idée de David PERRIER, avec Pierrot BOISSIER et Guilhem TROUILLAS
hiver et printemps 2013

| L1 | 6c | 30m | L1 de "Devoir de mémoire". Très joli mur bien sculpté qui permet une très agréable mise en route avant la baston. |
|---|---|---|---|
| L1 bis | marche | 30m | Arrivé sur le jardin suspendu, marche 30m vers la droite, laisser la variante "La concrétion du cagaraoule", on trouve le départ de L2 dans la petite baume suivante sur des colonettes évidentes. |
| L2 | 8a | 25m | Remontée puis traversée puissante sur des colos dans du penché puis traversée à trous encore intense puis mur splendide à trous dans du gris Verdon genre "Marche du temps". |
| L3 | 8b | 30m | Dalle torride puis traversée sur inverses sous un petit toit qui laisse des souvenirs. Crux obligatoire les pieds dans la choucroute et inverses plates dans les mains, 4m à gauche du point, et oui, ça traverse ! Sortie très athlétique "à fermetures" sur des bi-doigts éloignés. |
| L4 | 7c+ | 30m | Dalle cérébrale verdonnesque et plein gaz (7b+), un peu d'engagement dans le "facile" (6c/7a ?), puis crux dans un bombé à trous bien gazeux. |
| L4 bis | marche | Marche sur le jardin suspendu jusqu'au pied du ressaut du belvédère en direction de l'évidente fissure surplombante et concrétionnée en diagonale gauche. | |
| L5 | 7c | 30m | Colos, dièdre ou arête (plus classe mais plus dur), traversée vers la gauche dans les inverses-fissures-colos, un joli crux histoire de ne pas s'ennuyer, sortie sur trous et rocher un peu fracturé. |
| L6 | 6b | 15m | Jolie dalle de sortie dans du beau gris bien sculpté. Possibilité d'enchainer L5 - L6. |
Terre promise, ça part de là !!! Une journée sous les flocons à ouvrir du bas cette première longueur en 8a... Armé d'une batterie de coinceurs, de crochets, d'un perfo, de quelques goujons et d'une abnégation sans faille ... Bref, motivé le gonze !!! Au fait David, quand c'est que t'enchaîne ton premier 8a !!!??? :)
Katell, il y a quelques années, dans la très belle première longueur de "Devoirs de mémoire" (6c), donnant accès aux 4 longueurs pour le moins soutenues de "Terre Promise"...
L2, départ depuis le jardin suspendu pour un 8a intense et physiquement soutenu. Puissant sur colos puis trous puis murs gris à trous verdonnesque (et engagé...). C'est majeur.(photo P. BOISSIER)
Dans la section sur trous de L2...(photo P. BOISSIER)
Pierrot dans le section complètement verdonnesque... façon "Marches du temps".
Ouf, ça calme, non ? Si si, ça passe !
Départ de L3. Ca commence fort ! De l'escalade cérébrale :va falloir brancher le cerveau pour comprendre comment passer... puis le débrancher pour mettre en oeuvre le fruit de la réflexion !!! Pierrot BOISSIER à la manoeuvre.
De la dalle, certes, mais raide et gazeuse...
Le "Gréatte Roffe". Je paie le champagne à celui qui fait péter cette longueur à vue !!! Inverses plates, les pieds dans la choucroute, la gueule coincée sous le petit toit... à 4m du point en traversée... (photo P. BOISSIER)
David PERRIER dans un des multiples crux de cette longueur d'anthologie.(photo P. BOISSIER)
David PERRIER dans la traversée dalleuse, gazeuse et retorse de L4... Tout un programme. Unique !
David grimpe, Pierrot immortalise...
David pourrait relâcher un peu la pression dans cette section "facile" (6c/7a)... Et non, pas de bol,les ouvreurs ont très bon goût et du coup y'a vraiment de l'air entre les points et la perspective de se faire hâper par le vide , disparaître sous le bombé dans un grand moment de solitude, n'invite guère à l'éxubérance. Concentration de rigueur ! (photo P. BOISSIER)
Après la concentration, voilà la séance de bourrinage plein gaz. Tu vois les bi, les tris et les monos... Ouais et ben, t'en prends un et tu fermes jusqu'à l'autre et comme ça pendant 10 mouvs. Séance d'apnée garantie !!! (photo P. BOISSIER)
Ambiance ! Encore une longueur géniale !!! (photo P. BOISSIER)
Bientôt le réta et la présence rassérénante du large jardin suspendu... (photo P. BOISSIER)
Pour se détendre un peu, voilà une bonne idée: 45 bons mètres d'escalade dans le ressaut sommital, juste sous le belvédère. 30m de 7c physique sur bonnes prises puis 15m de 6b dans du gris à gouttes d'eau... Une bonne journée, quoi ! (photo P. BOISSIER)
Parait que même à remonter à la poignée+Grigri, c'est top classe !!!??? Flavien Guérimand en pleine rééducation.

Respect le plus total de l'esprit de la Réserve Naturelle Nationale des Gorges de l'Ardèche : rien de superflu, seulement le nécessaire (pour grimper) ... :)
Vue des Mallos depuis le "camp de base" tout ce qu'il y a de plus bucolique: une fontaine, un ruisseau, de l'herbe verte, quelques peupliers, des oliviers millénaires... et les parois à 15 minutes à pied.
Bilan d'un trip espagnol écourté pour cause de météo un poil désobligeante :
- Ordesa, ca donne très envie mais faudra y revenir plus tard dans la saison. Trop de zones humides voire trempées, quelques stalacs de glace dans le haut des faces (même sud et est!) et des températures somme toute, sans être rédhibitoires, encore frisquettes. On a donc repris RDV avec RACS et ses copines...
- Riglos, c'est toujours aussi majeur et unique ! "Tucan Ausente", c'est très bien et "Popeye", c'est carrément dément (sauf L2, un peu psycho avec qqs passages fragiles (!!!) qui doit pouvoir s'éviter par Zunzen la voisine de droite et le tirage inévitable de L5 (55m ?) qui aurait mérité d'être scindée en deux d'autant plus qu'il ne manque pas de gros repos naturels entre la première partie en 6c/7a et la seconde plus à 7b/+ ...)
- Rodellar, c'est toujours aussi classe et ludique (= ça bourrine!!! :)) et c'est tellement mieux quand y'a personne !!!
- Les Bruixes, c'est de la pure régalade de couennes !!!
mais :
- Les Terradets, ca doit être sympa mais ça casse quand même pas des briques. On est loin d'être dégoutés de ne pas avoir pu y grimper... En revanche, je retiens qu'aux Bagasses, dans le 6b/c, doit y avoir moyen d'enquiller de belles envolées (malheureusement juste au dessus de la nationale).
- Mont Rebeï. Le coin est insolite. La gorge étroite et les parois ont résolument de l'allure mais la qualité du rocher n'entre pas vraiment dans la catégorie "exceptionnel" ou tout du moins, cette dernière semble inégale sur l'ensemble de la hauteur car, soyons honnêtes (j'ai pas envie d'être honnête, moi, qand je parle d'escalade. C'est quand même naturellement plus exaltant de verser, parfaitement consciemment qui plus est, dans l'éxagération délibérée, l'emphase euphorique et passionnée voire la critique crapuleusement acerbe à l'agréable parfum de polémique aussi stérile que jubilatoire des discussions judicieusement conjuguées au mode méridional), les grandes "placas" de gris à gouttes d'eau ont tout de même l'air de premier choix. On s'étonne juste de ce que les locaux semblent préfèrer jouer à la bataille navale - A3... touché... A4... A5... coulé!- plutôt que de serrer des gouttes dans du 7b/c exigeant 6m au dessus du spit... On aurait bien vu du libre engagé sur goujons plutôt que de longues section sur crochets, nous ... Bon, enfin. On se réjouit tout de même de constater que perdurent de grands terrains d'aventure... Et que des sites exceptionnels comme le Verdon, la Jonte ou Aiglun ne soient pas si loin que ça de la maison !!!
La Visera et le tracé de "La fiesta de los biceps", bien (trop ?) visible ! "Popeye" se faufile à droite de la Fiesta dans la zone de plus fort dévers au niveau de la "buitrera" de gauche.
"El Pison" et son "Puro". On distingue le champ de patates déversant de la rivière de pierres. 55m complètement exceptionnels qui valent à eux seuls la visite de "Tucan ausente".
L2 de Tucan ausente... reste encore plus de 200m de dévers...
David dans L4 de "Tucan..." et sa rivière de pierres, 55m démentiels, engagés et même curieusement un peu expo pour aller chercher le premier puis entre le 3 et le 4...
Riglos desde la cima del Pison.
L'élégante flèche du Fire.
Le Fire sur fond de vallée du rio Gallego.
Si,si, c'est sûr, ça penche !!!
El cuchillo depuis l'église de Riglos.
Cuchillo a la izquierda y Visera a la derecha.
L3 de Popeye : ça déverse et ça déverse et ça brasse du galets !!! Aux anges !!!
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On est passé à deux doigts de l'interdiction de Moskitos pour cause de nidification...
Après de longues heures d'observation, il s'avère que les deux individus, effectivement des raretés (les grimpeurs ardéchois ne sont pas si nombreux !!!), nichent bien loin des contreforts pyrénéens de l'Aragon, dans la plaine de Grospierres (non, ce ne sont pas des Milans !!!) et ne sont donc que de passage à Riglos. De là à parler à d'erratisme juvénile ...
Un peu de gaz déjà... et c'est pas fini !!!
Oh, tiens, la corde de hissage est de traviole... Ca penche, non !?
LA descente en condition tous les 36 du mois... Abraham, versant sud...
On aura attendu presque tout l'hiver qu'une vraie bonne chute de neige vienne durablement blanchir les sommets ardéchois et c'est le 17 mars, alors que plus personne n'ose encore espérer sortir sérieusement les planches qu'un providentiel platras du sud s'occupe de ragaillardir le manteau neigeux de 70 cm... Bref, entre 70cm et 1,20m du Mont Lozère au Tanargue. Entre 50 et 70 dès le Chap del Bosc et Prataubérat, entre 1100 et 1200m. Au delà de 1200/1300, en versant nord, c'était encore de la poudre dimanche et lundi matin... Fallait pas la râter !!!
Ca souffle sur les crêtes...
Ambiance "jour blanc" sur les plateaux...
Abraham dépasse du Grand Tanargue...
Descente vers le Col de Meyrand. En fond, le plateau de Montselgues, bien bien blanc !
Vue plongeante sur le Sud Ardèche et la plaine de Grospierres...1300m plus bas, option garrigue, calcaire et "four à pain".
Après la pluie, le beau temps pour les grimpeurs des Gorges de l'Ardèche ?
Cirque de la Madeleine et sa Maladrerie des Templiers. Parois de la Madeleine, des Templiers et de la Rouvière, en fond, dans l'échancrure des gorges.
Après quelques passages dans la voie, les cotations s'affinent - à la baisse pour certaines, en légère hausse pour d'autres- et les premières impressions sont confirmées : c'est majeur ! Et si les 3 premières longueurs ne s'avèrent finalement pas si dures, l'ensemble reste un gros challenge tant l'enchainement demande de s'employer sérieusement dans des longueurs au style et à l'effort bien différents ...
Lever de Soleil sur les crêtes des Valadous avec l'Amicale Teilloise des Amoureux de la Randonnée à Raquettes à neige ...
Ca valait le coup de se lever à 4h du mat ' !!!
Ecrins, Dévoluy, Ventoux, Mont Blanc, Sancy, Mézenc, Cantal, Margeride, Mont Lozère... dépassant d'une mer de nuages généralisée ...
Les mêmes, quelques minutes plus tôt, dans l'attente du Soleil...
Plateau des Valadous sur fond de Sucs dépassant tout juste de la brume du Plateau Ardéchois.
On n'est pas bien là ?
La Lune !!!
Le Giorgetti sur fond de Haute Ardèche, Chaumienne et le plateau de Cocu.
Les Sucs Ardéchois du Mézenc au Gerbier. Et toujours la brume...
Le Benoit se met à la photo...
Depuis le sommet des Valadous, seuls les hauts plateaux du Mont Lozère dépassent de la mer de nuages...
Mer de nuages dans la haute vallée de la Borne.
Lever de Soleil sur le Rocher d'Abraham. Il est bien calé le Jeannot quand même !
Le Suc du Montat, île dans la mer de nuages.
Heureuse !?
Bérenger Boulvert dans le Chamane, version 7c. photo Sylvain Carletti
Florence Pinet et Gérôme Pouvreau enchaînent le Chamane du bout du monde, 8b+. Gérôme passe à deux doigts de la première du Marbre nouvelle version (sans le tronc de figuier mort, désormais bien absent) avec une tentative "à vue" qui est allée très très haut... Grand spectacle pour les grimpeurs présents à la falaise !
Handi escalade à Autridge...photo Sylvain Carletti
Impossible pour Bérenger d'utiliser pleinement son pied gauche en raison d'une vilaine entorse... Du coup, il n'hésite pas à lâcher les pieds !!!
Bon, sérieusement, c'est Gérôme Pouvreau en pleine tentative de "à vue" dans "le Marbre" 8b+/c ?C'est passé à deux doigts...photo Sylvain Carletti
Mais où est Kévin ? ... Dans "le Chamane du bout du monde" à Autridge bien sûr !
Les croix tombent à Autridge ces derniers jours... Kévin Aglaé plie Le Chamane 8b+, en quelques essais (ça aurait du faire au premier s'il n'avait pas fait le poulpe!!!). Gérôme Pouvreau, quant à lui, libère le Crépi, qu'il estime à 8b+/c. Pendant ce temps, Alex et David poursuivent leur collection de 7c+... Va falloir sérieusement penser à mettre les chaussons pour de bon dans les 8a !!!
Le Kévin dans le Chamane, 8b+.
Pendant que les 8b+ tombent les uns après les autres, Berenger Boulvert enchaîne "facile", et à vue s'il vous plaît, la marche d'approche.. aller. Celle de retour (la remontée!) lui demandera un essai supplémentaire... :)